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Le livre blanc pour la ville durable réunionnaise

 

Inscrit dans les objectifs du plan d’action stratégique de l’État, le livre blanc pour la ville durable réunionnaise a pour ambition de partager avec les acteurs du développement du territoire la vision de l’État sur les principes d’un aménagement urbain durable pour l’île de La Réunion. Ce sujet est majeur pour La Réunion, territoire au contexte géomorphologique très contraint, soumis aux aléas naturels et qui doit faire face à une pression démographique forte et durable. Les défis de l’économie et de l’emploi combinés aux enjeux de la transition énergétique et écologique de notre société nous obligent à réfléchir à un développement urbain qui permette de freiner les phénomènes d’étalement urbain.

Au travers ce document, l’État souhaite affirmer sa position en accompagnement des collectivités qui ont d’ores et déjà engagés des démarches novatrices pour replacer leurs projets au sein de démarches globales permettant l’intégration des différents enjeux qui concourent à un aménagement urbain durable vital pour La Réunion. Le livre blanc a pour vocation à présenter les leviers majeurs par lesquels l’État pourra intervenir en accompagnement des collectivités et de l’ensemble des acteurs concernés pour la mise en œuvre de projets urbains durables.

Ce livre blanc doit être une source de partage et d’échanges entre l’État et les collectivités, mais il peut aussi être source d’échanges et de coopération avec d’autres territoires qui, à travers le monde, s’engagent dans une démarche de ville durable.

Dominique Sorain, préfet de la Réunion, a présidé un séminaire de restitution du livre blanc pour la ville durable réunionnaise, ce jeudi 2 juin 2016 à l’IAE, Saint-Denis.

 

Le projet

La conception du livre blanc a été pilotée par la DEAL et le SGAR de La Réunion avec l’appui technique du CEREMA (ex-CETE) Méditerranée. Ce travail a été mené de façon collégiale et il est le résultat du travail collectif qui a été organisé en 3 phases successives.


1. Un discours partagé des services de l’État

La première phase du travail, conduite dans le cadre du séminaire des 27 et 28 mai 2013, a permis aux services de l’État d’identifier collectivement des éléments de constats et des pistes de travail à approfondir autour de la conduite de 4 ateliers s’articulant autour des axes suivants :

  • « Comment rendre la ville performante et désirable ? »
  • « L’inscription de la ville dans son territoire »
  • « Comment la ville doit-elle et peut-elle répondre aux mutations sociétales ? »
  • « Comment accéder de manière efficace, fiable et économe aux multiples fonctions offertes par la ville ? »

Ce temps d’échange a permis de dégager les grands enjeux de la ville de demain et d’identifier des pistes d’action qui s’articulent autour :

  • du besoin de construire parallèlement la programmation de logement et la réflexion sur la forme urbaine en lien avec les besoins et les tissus existants ;
  • de la nécessité de penser la ville en s’inspirant de ses qualités et de ses spécificités réunionnaises ;
  • de la nécessité de clarifier les échanges entre les villes et l’ensemble du territoire, (complémentarité ville – territoire péri-urbain – territoires agricoles et territoires de loisirs) ;
  • de la capacité de la ville à répondre aux attentes diverses des habitants (diversité des profils, des contextes familiaux, professionnels…) grâce à une structure évolutive du tissu urbain ;
  • de la nécessité de penser la mobilité (mode doux, transports en commun) dans une logique de complémentarité, notamment la complémentarité entre les Hauts et les Bas.


2. Une réflexion partagée autour d’un thème fédérateur « la ville durable réunionnaise : construisons l’île de demain »

Cette phase a permis de répondre aux ambitions de transversalité et de partage dans la définition d’une vision partagée autour du futur de la ville à La Réunion. Le pilotage de cet exercice a été partagé avec l’École d’Architecture, le CAUE, l’Agorah et l’EPFR qui ont respectivement animé les 4 groupes de travail suivants :

  • La place de l’habitant dans le milieu urbain ;
  • Dépasser la notion d’habitat ;
  • La ville dans son territoire ;
  • Des outils d’aménagement à faire évoluer.

L’ambition réussie dans cette étape a été traduite par une vision partagée des villes durables à la réunion. Cette réflexion a été nourrie de l’association des acteurs de la ville et de l’aménagement et en particulier les collectivités territoriales.

Le résultat de ce travail a été restitué lors du séminaire de novembre 2014 qui a réuni plus de 120 participants.


3. Un référentiel partenarial

Ce livre blanc, dont la conception s’est enrichie du travail mené collectivement, a pour vocation de présenter les leviers majeurs par lesquels l’État pourra intervenir en accompagnement des collectivités et de l’ensemble des acteurs concernés pour la mise en œuvre de projets globaux et intégrés d’aménagement durable : leviers financiers, d’animation, de soutien en ingénierie, ou régalien.


Exemple de leviers portés par l’État 

Au travers le livre blanc, l’État souhaite affirmer sa position en accompagnement des collectivités pour permettre une intégration des différents projets au sein de démarches globales où les enjeux auront été identifiés collectivement. Cela se traduit au quotidien par :

  • l’accompagnement et le financement d’opérations innovantes ainsi que le financement de projets globaux structurants dans le cadre du contrat de plan État région 2015-2020 ;
  • l’expérimentation de nouvelles méthodes de travail, comme cela a été conduit en 2015 sur l’atelier des territoires, mené sur la zone arrière aéroportuaire de Roland Garros ;
  • le conseil et les orientations à inscrire pour les territoires au travers de documents d’urbanisme au service du projet ;
  • la contribution à la capitalisation et au partage des connaissances nécessaires à la réalisation de projets adaptés à leur environnement et favorisant des transports en site propre ;
  • l’organisation et la participation à la gouvernance indispensable à l’équilibre de la consommation des différents espaces ;
  • la mise en œuvre des axes identifiés dans le PLOM, Plan Logement Outre-mer – la mobilisation et l’aménagement du foncier dans un contexte géographique contraint , la construction neuve et le parcours résidentiel, la réhabilitation, la transition énergétique et la professionnalisation et la maîtrise des coûts.