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Les feux de forêts

 

99 % des départs de feux sont d’origine anthropique
L’activité humaine est la principale cause de déclenchement d’incendies, que ce soit du fait d’une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles, dilatation des câbles électriques…) ou bien d’une activité du quotidien (mégots de cigarettes, barbecues ou feux de camps, incendie de véhicules ou de poubelle…).
L’État mène une politique de prévention active qui articule l’information du public et des usagers de la forêt, la gestion graduées et adaptée et la lutte contre les feux de forêt.

 

Cette politique mobilise tout particulièrement les forces opérationnelles autour d’un plan d’action départemental de protection de la forêt contre l’incendie (PDPFCI) et le plan ORSEC* « Feux de forêt et espaces naturels » articulant information du public, gestion adaptée, et lutte contre les feux de forêt.

Le plan départemental de protection de la forêt contre l’incendie (PDPFCI) définit les grandes orientations en matière de prévention et de lutte contre les incendies, les actions à mener et les objectifs à atteindre. Il prend en compte l’historique des feux et des aménagements réalisés. Sa déclinaison opérationnelle apparaît dans les plans de massifs en cours de révision ou à venir (Le Volcan, Hauts de l’Ouest, Les Hauts de Saint Denis, La Montagne, Roche Écrite, Volcan, Étang Salé, La Grande Chaloupe, Mafate, Cilaos) qui décrivent les aménagements à réaliser et leur planification. Les travaux réalisés au titre de la DFCI visent à éviter la propagation des feux sur les espaces forestiers et 0 faciliter l’intervention des services de secours. Il s’agit essentiellement de travaux forestiers (débroussaillement et coupures de combustibles en bordure des pistes et à l’interface des habitations et de la forêt), d’accès (pistes dédiées DFCI) et d’aménagements de points d’eau (citernes et retenue collinaires).

Le plan ORSEC* Feux de forêt et espaces naturels tient compte des nouvelles conditions opérationnelles (ajout, disparition de matériels ou modification des procédures) et conforte les dispositifs éprouvés avec succès. À chaque fin de saison, un RETEX (retour d’expérience) est conduit par la préfecture afin de déterminer les axes de progrès et les intégrer dans le dispositif de l’année suivante.

La stratégie de lutte contre les incendies repose aussi sur le principe de surveillance et de mise en alerte des forces opérationnelles. Cette surveillance de chaque instant s’appuient donc sur la collaboration étroite multi-services de :
-  Méteo France
-  Service départemental d’incendie et de secours 974 (SDIS)
-  Etat-major de zone et de protection civile de l’océan Indien (EMZPCOI)
-  Mission d’appui de la sécurité civile (MASC)
-  L’office national des forêts (ONF)
-  Le Parc national de la Réunion (PNR)
-  Gendarmerie et Police Nationale
-  Forces armées de la zone Sud Océan indien (FAZSOI)


L’assistance météorologique

Les conditions météorologiques (vent, chaleur, hygrométrie, sécheresse de la végétation) ont une grande influence sur le développement et la propagation des incendies de forêt.

Le changement climatique, avec des hivers globalement plus chauds et plus secs, s’accompagne également d’une augmentation du danger météorologique de feux de forêts.

Météo-France, au titre de ses attributions en matière de sécurité des personnes et des biens et de services climatiques, fournit une évaluation des dangers météorologiques d’incendie, sous forme de cartes d’« Indices Feux Météo » (IFM) qui servent à réaliser la carte des niveaux de risque sur les 26 zones climatiques, dont 18 sont à enjeu feux d’espaces naturels.

L’IFM est calculé selon la méthode canadienne à partir des données de pluies, température, vent et humidité.

• Au cours de la pré-campagne feux de forêts (du 1er août au 14 septembre), un bulletin de prévisions météorologiques à échéance de trois jours est transmis quotidiennement aux partenaires.

• Au cours de la campagne feux de forêts (du 15 septembre au 15 décembre), un bulletin de prévisions météorologiques est produit chaque jour, un briefing quotidien est réalisé avec la Préfecture et le SDIS pour déterminer la carte de risque feux de forêts pour le lendemain.

En amont de la campagne feux de forêts, une formation est faite pour tous les partenaires.

Cette année, deux sessions de formation se sont déroulées les 10 et 11 septembre.

Cette formation porte sur les points suivants :
• Variabilité des paramètres météorologiques (température, vent, précipitations et humidité)
• Qualification du risque météorologique (IFM)
• Contexte pluviométrique passé et futur de la saison feux de forêts
• Situations météorologiques favorables aux grands feux du passé

Les spécificités de l’assistance météorologique de Météo-France repose sur :
• une assistance « sur mesure » où le réseau est essentiel, où l’expertise humaine est primordiale, où plusieurs services de Météo-France sont mis à contribution (Informatique, Etudes et Climatologie, Observation, Prévisions, Production) ;
• une connaissance des partenaires par le biais de réunions et de formations ;
• une communication des informations via des briefings, d’un extranet.

Par ailleurs, l’expertise humaine du prévisionniste joue un rôle essentiel.
En effet, le prévisionniste connaît et utilise les points forts et faibles des modèles de prévision numérique du temps, les seuils critiques des zones. Ceci est possible par le retour direct quotidien par les briefings, l’étude météorologique des grands feux de forêts.

En complément de cette surveillance journalière des risques, l’office national des forêts (ONF) en lien avec la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) et le Parc national assure chaque semaine le suivi de la végétation pour évaluer la teneur en eau. Ce stress hydrique mesuré dans les végétaux permet d’affiner le risque feux d’espaces naturels dans chaque secteur de l’île.


Le Service départemental d’incendie et de secours SDIS

Les missions du SDIS répondent à trois grands volets de la stratégie de lutte contre les feux de forêts et les espaces naturels :
-  L’évaluation journalière des risques en collaboration avec Météo France et l’EMZPCOI, la coordination du dispositif inter-services et l’adaptation en conséquence de la réponse opérationnelle
-  La prévention par la mise en place d’un dispositif préventif sur le terrain
-  L’engagement des moyens terrestres et aériens
Des réunions inter-services sont organisées de manière hebdomadaire afin de permettre les échanges d’informations entre les différents acteurs et d’adopter les moyens opérationnels les plus efficaces.

L’Etat-major de zone et de protection civile de l’océan Indien (EMZPCOI)

En cas de feux majeurs, la coordination opérationnelle est assurée par l’état-major de zone et de protection civile de l’océan Indien (EMZPCOI), renforcé par une mission d’appui de la Sécurité Civile (MASC) composée de 2 militaires des Formations Militaires de la Sécurité Civile (FORMISC), spécialistes de la lutte contre les feux de forêt. En cas de feux majeurs, l’EMZPCOI analyse et recense les besoins en moyens nationaux.

L’office national des forêts (ONF)

Les équipes de l’ONF exercent une surveillance quotidienne dans le cadre leurs activités. Ces patrouilles assurent une mission qui va de la sensibilisation et à l’information du public, à la détection d’incendie, au guidage des secours jusqu’ à l’intervention sur le terrain grâce à des équipements adaptés tels que des véhicules porteurs d’eau (400L par CCFL) activés les week-ends de la saison de feux en fonction des niveaux de risques par secteur.
Leur zone d’intervention se situe sur les massifs du Volcan, des Hauts sous le vent, des Hauts de St Denis et de la Grande Chaloupe ainsi qu’à l’Etang Salé.
Le Parc national de La Réunion

Chaque année, 12 éco-gardes en missions de service civique rejoignent les équipes de l’établissement public.
Cette année, 3 jeunes femmes et 9 jeunes hommes assurent des missions de surveillance, d’alerte, de dissuasion, d’information et de sensibilisation, dans le milieu naturel. Ils interviennent quotidiennement, principalement en cœur de parc sur des zones où le niveau de risque journalier est qualifié de « sévère » et « très sévère ».

La gendarmerie et la police nationale

En cas de niveau de risque « très sévère » ou « exceptionnel », la police et la gendarmerie mobilisent des équipes pour surveiller les secteurs à risque, faire respecter les interdictions d’accès et identifier les éventuels incendiaires.

Les forces armées de la zone Sud Océan indien (FAZSOI)

En cas de niveau de risque « exceptionnel », les FAZSOI peuvent participer au dispositif de surveillance, de dissuasion et d’alerte en mobilisant des patrouilles mobiles.

L’analyse et l’estimation du risque permettent ainsi de définir un dispositif prévento–curatif reposant pour l’essentiel sur le déploiement de moyens humains et de matériels départementaux ou nationaux :
1- Le détachement d’Intervention Préventif (DIP). Chaque jour ces groupes constitués de camions citernes « feux de forêts » (CCF) sont répartis sur les massifs et la couronne littorale ;
2- Les groupes d’intervention spécifiques tels que le détachement d’intervention héliporté, l’équipe « pélicandrome », l’équipe drone ;
3- Les moyens aériens : hélicoptères Bombardier d’Eau (HBE) de sociétés privées, l’avion Horus de surveillance et hélicoptère de gendarmerie (SAG), l’hélicoptère de gendarmerie et l’avion bombardier d’eau DASH Q400-M4 des moyens nationaux de la DGSCGC ;
4- Les moyens forestiers de l’ONF, du Parc national et du conseil départemental.

Les moyens aériens

De nombreuses zones à risques ne sont pas accessibles aux moyens terrestres. Le dispositif de surveillance prévoit un survol de ces zones à risque par les aéronefs.

L’objectif : détecter très précocement les incendies ou de lever le doute sans avoir à déplacer longuement les équipes au sol.
Lors des périodes les plus critiques, un avion de surveillance aérienne « HORUS » est spécifiquement activé par le SDIS.

La Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC) pré-positionne sur l’aéroport de Pierrefonds durant la période à risque du 10 octobre à la mi-décembre un avion bombardier d’eau de type DASH Q400-M4 capable de larguer 10 000 litres d’eau ou de retardant. Le DASH participe également aux missions de surveillance avec le principe du guet aérien armé (GAAR) qui lui permet d’intervenir immédiatement sur un feu naissant qu’il détecterait.

Bien qu’ils constituent un appui précieux et déterminant dans la maîtrise initiale du feu, les moyens aériens ne suffisent pas. Un feu s’éteint également « au sol » avec des sapeurs-pompiers et des personnels au contact des lisières. De la complémentarité et de la bonne coordination de ces actions dépendra le succès de l’extinction.

L’après incendie Recherche des causes et circonstances des incendies

Il a été créé par l’Etat et la Préfecture via l’Etat-major de Zone de Défense à La Réunion une cellule pluridisciplinaire afin de rechercher les causes et circonstances des incendies concernant les végétaux, espaces naturels et forêts.
Intitulée RCCI FDF, elle a vocation à suivre les mêmes objectifs que les RCCI relatives au feu batimentaire.
Elle reste une cellule administrative, pour base de données, et a pour principaux axes de :
• trouver les traces et indices pour point d’éclosion
• déterminer le mode de mise à feu puis marche du feu, et tester la présence de produits inflammables etc.
• alerter les forces de l’ordre en cas de repérage d’acte intentionnel pour faire saisir par celles-ci tout ustensile ou objet ayant pu y servir,
• établir un rapport final de constat et de propositions
• faire partager les connaissances entre " pompier, forestier et enquêteur judiciaire" le trinôme de la RCCI FDF.

Par conséquent, ces conclusions peuvent être utiles aux enquêtes judiciaires, et ses membres peuvent être entendus par les forces de l’ordre à cet effet.