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Les feux de forêts

 

Les feux de forêts sont classées comme risques naturels. Parfois d’origine accidentelle ou naturelle ils sont le plus fréquemment criminels. La Réunion avec son patrimoine écologique exceptionnel n’est malheureusement pas à l’abri des feux de surface. Le plan ORSEC Feux de Forêts organise la lutte contre ces incendies.

 

La forêt à La Réunion c’est 85 000 hectares dont 40 000 hectares de forêt primaire et 225 espèces endémiques.
Les forêts les plus sensibles sont les joyaux de l’île : le massif des Hauts sous le Vents, le volcan, la forêt de l’Etang salé, les Makes, le Tévelave, le Dimitile…



Certaines forêts sont aux portes des villes : dans certains secteurs, les menaces pour les habitations sont réelles.

Le coût des opérations de lutte contre les feux de forêts est très élevé

(Les dépenses directes engagées par le SDIS et l’Etat à La Réunion en 2010 lors des opérations de lutte contre les feux de forêts est estimé à 4 M€. > Le seul feu du Maïdo à coûté 3 M€ à la collectivité : 2 M€ pour le SDIS, 1 M€ pour l’Etat pour 785 hectares détruits.)




La reconquête des sites est longue et onéreuse


Il faut souvent plus de 20 ans pour reconquérir les espaces boisés parcourus par le feu.

Les enjeux : lutter contre les espèces invasives (l’ajonc d’Europe notamment) et contre l’érosion. La mise à nu du sol augmente très fortement les risques d’érosion.

Le programme de travaux nécessaires à la reconstitution des milieux naturels détruits ou dégradés par l’incendie du Maïdo d’octobre 2010 s’élève à 914 K€ sur 5 ans.


L’évaluation quotidienne du risque


Le risque « Feu de Forêt » est apprécié en fonction de données météorologiques et botanique (vitesse du vent, chaleur, estimation de la vitesse de propagation, état hydrique des végétaux, niveau de sécheresse) croisées avec « l’ambiance opérationnelle » du moment (pression incendiaire, nombre de départ de feu…).

A compter du 1er août et jusqu’au 31 janvier, une évaluation du danger sera réalisée quotidiennement en concertation entre le SDIS, Météo France et l’ONF.

Les bulletins de danger et cartes seront transmis par le SDIS à la préfecture, à l’ONF et au parc national :

> 9 h : carte d’indice de sécheresse accompagnée d’un bulletin donnant une prévision de vent et d’occurrence de pluie pour l’après-midi du jour J.
> 16 h : une carte d’indice de sécheresse actualisée accompagnée d’un bulletin donnant une prévision de vent et d’occurrence de pluie pour la journée du jour J+1 avec la tendance sur les jours suivants.

Les données météorologiques sont fournies par Météo France. Elles seront complétées par les observations de terrain, et dans les périodes de risques importants, par des analyses de la teneur en eau des végétaux réalisées par l’ONF.




Un dispositif préventif et dissuasif gradué


L’analyse et l’estimation du risque permettent de définir un dispositif préventif, dissuasif et curatif reposant :

  • Sur un réseau de surveillance et de dissuasion
  • Sur un maillage du terrain par des moyens terrestres permettant de diminuer le délai d’intervention sur les feux naissants.


Tous les jours, en concertation avec l’ingénieur forestier de permanence de l’ONF, le SDIS arrête les mesures préventives du lendemain.

Le jour même, en fonction de l’évolution des risques, le CODIS adaptera au besoin le dispositif.

Chaque jeudi matin durant la campagne, une réunion de concertation d’un groupe de contact est organisée afin de faire le point sur les conditions observées et prévues et anticiper ainsi la mobilisation du dispositif pour les jours suivants.


Le dispositif préventif et de surveillance




Ce dispositif est constitué par des patrouilles terrestres armées par le SDIS, l’ONF et le parc national quand le niveau de risques sera élevé.
En période de risque très élevé, ces moyens sont renforcés par des patrouilles des services de police ou de gendarmerie selon les secteurs.
Enfin, quand le niveau de risque sera qualifié d’extrême, le préfet sollicitera le concours des FAZSOI pour renforcer encore la présence sur le terrain et la surveillance des massifs les plus sensibles.
En fonction de l’analyse de risque, 2 VLTT (véhicule léger 4x4) et 8 CCF (camion citerne forestier 4x4), soit 36 sapeurs-pompiers, pourront être déployés préventivement sur le terrain. Ils constitueront jusqu’à 4 détachements d’intervention préventif (DIP) formés chacun de 2 CCF.
Par ailleurs, durant toute la saison, selon le niveau des risques, de 13 à 18 sapeurs pompiers formant le détachement d’intervention héliporté (DIH) assureront une garde en caserne pour faire face sans délai à des interventions dans les zones inaccessibles par voie terrestre.

Une montée en puissance planifiée



La stratégie : l’attaque massive des feux naissants



4 niveaux de feux ont été retenus correspondent à des incendies de gravité croissante et engagent des moyens de plus en plus importants

Feu de niveau 1

Le premier échelon sera composé :
d’un groupe d’intervention feux de forêt (GIFF) composé d’un VLTT (véhicule léger 4x4) et de 4 CCF (camion citerne forestier 4x4)

d’une unité composé de deux CCF provenant des centres d’incendie et de secours (CIS) concerné et limitrophe, et du chef de groupe d’astreinte.


Selon la sensibilité du massif et le niveau de risque, un deuxième GIFF sera engagé en premier échelon.

Feu de niveau 2 :

  • 2 GIFF et une unité CIS concerné ou limitrophe
  • Une première structure de commandement est engagée simultanément pour :
    • permettre l’accueil des renforts
    • faire une première sectorisation
    • activer les outils de gestion opérationnels
  • En fonction du développement du sinistre, des renforts en moyens terrestres, éventuellement des moyens de soutien hydraulique seront engagés.



Feu de niveau 3 :

  • De 4 à 7 GIFF sont engagés et la superficie brûlée est inférieure à 200 hectares
  • Le commandement est renforcé. Un poste de commandement et un soutien sanitaire sont mis en place sur site.


Feu de niveau 4

  • 8 GIFF ou plus sont engagés ou la superficie brûlée est supérieure à 200 hectares
  • En complément du PC de site, un PCO inter-services est activé à proximité du feu. Au besoin le centre opérationnel de la préfecture est activé.
  • Le CODIS est renforcé.
  • Le régime de travail des sapeurs-pompiers est au besoin aménagé afin de garantir une continuité des effectifs tant pour la lutte contre le sinistre que pour la couverture départementale. Un changement de régime de travail équivalent au 24/24 (24h de travail suivi de 24h de repos) pourra être instauré.
  • L’organisation des relèves est anticipée de façon à assurer une activité continue de jour comme de nuit sur une longue période, en préservant des temps de repos suffisants pour les personnels.
  • Des renforts militaires et nationaux sont au besoin sollicités par le préfet.



Des moyens de lutte renforcés



Les moyens humains



Du 15 septembre au 15 décembre, 55 sapeurs-pompiers seront désormais en permanence dédiés à la mission feux de forêt :

  • 1 officier « feu de forêt » chargé de l’analyse des risques et de la mobilisation du dispositif préventif
  • 36 sapeurs-pompiers en caserne pour armer les 2 GIFF de garde
  • 13 à 18 sapeurs pompiers en garde postée pour armer le détachement d’intervention héliporté (DIH) chargé de lutter contre les feux en terrain inaccessible, accidenté ou nécessitant des établissements de grandes longueurs.

Les autres effectifs du SDIS pourront bien entendu également être mobilisés.

L’effort de formation des personnels du SDIS aux techniques de lutte contre les feux de forêts a été considérable pour l’année 2011, 88 sapeurs pompiers professionnels et volontaires ont été qualifiés en technique DIH (détachement d’intervention héliportée) ou recyclés et 40 autres ont bénéficié d’un stage à la conduite hors chemin des engins feux de forêts. Pour les personnels d’encadrement des exercices en situation sont également prévus avant le début de la période concernée.


Les moyens matériels du SDIS974


  • 48 CCF (camions citerne feux)
  • 9 CCGC (camions citernes grande capacité)
  • 21 VLTT (véhicules légers tout terrain) dont 5 en acquisition 2011
  • Une chaîne logistique organisée pour assurer le transport, le ravitaillement des personnels et la maintenance des véhicules


Les moyens aériens



Le nouveau marché public du SDIS a été adapté pour mieux répondre au besoin opérationnels.

Il comprend désormais deux lots :

  • un lot dit « HBE » permettant d’engager deux hélicoptères bombardiers d’eau en simultané ;
  • un lot transport/reconnaissance permettant d’engager deux hélicoptères dont un avec un treuil, pour permettre notamment l’acheminement du DIH sur les incendies inaccessibles par voie terrestre. Le potentiel maximum (hors réquisition préfectorale) a ainsi été porté à quatre appareils en simultané. Ces moyens seront engagés dans les délais les plus brefs pour permettre l’attaque des feux naissants.

Dans les massifs forestiers difficilement accessibles (Mafate notamment), lors des périodes de niveau de risque très élevé ou extrême, deux hélicoptères seront systématiquement envoyés en premier départ.
L’hélicoptère de la gendarmerie sera au besoin engagé pour effectuer des reconnaissances, des transports de personnels et de matériels, ou des hélitreuillages.

Face à une situation de crise, le préfet sollicitera l’engagement des moyens nationaux (DASH 8 de la sécurité civile) et des moyens militaires, tant aériens (hélicoptères Fennec) que terrestres.


Protéger la forêt, c’est l’affaire de tous


En forêt, la vigilance de chacun est primordiale.
L’immense majorité des feux de forêt ont une origine humaine : imprudences et actes malveillants sont les principales causes des départs de feux.

Une extrême prudence, une attitude citoyenne, respectueuse des règles instituées et des précautions à prendre lorsqu’on se trouve en forêt, sont indispensables pour mieux prévenir les risques d’incendie et protéger la forêt.

Quelques conseils utiles à respecter :

  • Ne pas allumer de feu en forêt ni à moins de 200 m de la forêt.
  • Ne pas fumer en forêt.
  • Ne pas jeter de mégots par la vitre de la voiture.
  • Ne pas faire de barbecue en forêt en dehors des espaces aménagés.
  • Camper uniquement dans les lieux autorisés, sécurisés et protégés.
  • Rester éloigné d’un feu de forêt.

En cas de départ de feu, prévenir les pompiers en composant le 18 en précisant
le lieu et si possible l’importance du sinistre.
Durant la première minute, essayez d’éteindre le feu naissant par jets de terre, de sable ou d’eau…
Attention ! Battre le feu avec des branchages peut conduire à sa propagation.
Souvenez-vous de ce vieil adage : pour stopper un incendie, il faut un verre d’eau la première seconde, un seau la première minute et … une tonne d’eau au-delà de 10 minutes.


Chaque minute compte, alors agissez vite !


Les travaux préventifs engagés



L’action engagée après les feux de la saison 2010 ne se limite pas au volet opérationnel.

De nombreux travaux de prévention sont réalisés ou programmés :

  • Mise aux normes de retenues colinéaires et création de citernes (Hauts sous le Vent, Hauts de St Denis et Volcan) : 645 K€
  • Sécurisation d’itinéraires (Hauts sous le Vent, Etang Salé, Hauts de St Denis, Hauts de St Denis) : 300 K€
  • Suivi des seuils et signalétique : 40 k€

Au total, le montant des travaux préventifs programmés s’élève à 985 K€.

Le financement de ces travaux de prévention est assuré par :

  • l’Union européenne (75 %)
  • l’État (15%)
  • le conseil départemental (10%)

Ces travaux s’inscrivent dans une politique globale de protection de la forêt contre les risques d’incendie.


Le plan départemental de protection des forêts contre l’incendie (PDFCI)


Le plan départemental de protection des forêts contre l’incendie (PDFCI) pour la période 2009-2015 identifie 4 objectifs :

  • améliorer la connaissance du risque incendie,
  • réduire le nombre de départs d’incendie,
  • diminuer les surfaces brûlées,
  • gérer et hiérarchiser les actions de prévention par une approche territoriale . Il s’agit d’élaborer des plans de massifs sur les secteurs les plus sensibles et de planifier les actions.

A partir de l’évaluation des aléas et d’un état des lieux des équipements existants, un programme d’actions à mener pour réduire le risque d’incendie de forêts est déterminé par massif. Ce plan conditionne l’éligibilité des travaux aux financements publics (FEADER – Etat –Département).

Les plans de massif


Des plans de massif sont en cours d’élaboration dans quatre secteurs sensibles :

Le massif des Hauts sous le Vent
Le plan de protection du massif forestier des Hauts sous le vent, d’une superficie totale de 12 447 ha, identifié comme zone à enjeux majeurs en raison de sa vulnérabilité au risque incendie et de son intérêt écologique, a été réalisé en mai 2010 puis révisé à l’occasion de l’événement de la fin de l’année dernière.

Durant ces quarante dernières années, 70% de la surface du massif forestier des Hauts sous le vent, a été concernée par au moins un incendie et la moitié de la surface du massif a brûlé au moins 3 fois ces 25 dernières années. Le sinistre le plus important est celui de 1970 qui a parcouru 5100 ha. Plus tard, en 1988, 3500 ha ont également été brûlés.
Il est actuellement en phase finale de concertation avec l’ensemble des partenaires concernés (Parc National, conseil départemental, Etat, ONF, SDIS, …).
Les aménagements à réaliser identifiés au plan de massif (points d’eau, pistes) représentent un coût évalué à 3 M€ HT.

Le massif des Hauts de Saint Denis
Le massif des Hauts de Saint-Denis, d’une superficie totale de 12 000 ha, recouvre des territoires à forts enjeux environnementaux et patrimoniaux (Roche Ecrite, Grande Chaloupe), humains et péri-urbains (La Montagne, Colorado).
Le plan de massif distingue deux secteurs : La Montagne - Grande Chaloupe - Colorado et Affouche - Roche Ecrite - La Providence.
Le massif des Hauts de Saint Denis concentre le plus grand nombre de départs de feux, avec des surfaces qui restent limitées. Parmi les incendies marquant, celui de la Roche Ecrite (novembre 2006) où près de 80 ha de la réserve du Tuit-Tuit sont partis en fumée. Plus régulièrement, la zone péri-urbaine de la Montagne est le siège d’incendies de petites surfaces mais qui occasionnent de nombreuses perturbations : coupures de la circulation, d’électricité, évacuations de résidences, d’établissements scolaires ….
La concertation sur le premier secteur vient de débuter avec l’ensemble des acteurs concernés et le plan de massif du second secteur va être diffusé ces prochains jours.
L’ensemble des mesures de prévention identifié représente un budget en investissement d’environ 2,7 M€ HT.

Le massif forestier d’Etang Salé
La forêt d’Etang Salé est une forêt semi-sèche très sensible aux incendies de forêt. Seule forêt littorale de l’Ouest, elle est très fortement fréquentée toute l’année en raison de sa situation péri-urbaine. Plantée par la main de l’homme pour fixer les dunes de sable et limiter l’érosion éolienne, cette forêt est très vulnérable et fragile.
Les études du plan de massif démarrent cette année et les premières propositions sont attendues pour le courant de l’année 2012.

Le massif du Volcan
En raison de sa position géographique, du type de végétation, très inflammable et des conditions climatiques propices durant la saison sèche, ce massif est particulièrement sensible aux incendies.
Un premier sinistre important dans l’histoire moderne du massif affecte déjà le Nez de Bœuf en octobre 1996 où 400 ha de végétation éricoïde sont calcinés.
En 2010, un nouvel incendie d’une surface d’environ 115 ha affecte le massif dans le secteur du Piton Textor. Plusieurs autres sinistres sont a déplorer au même moment sur d’autres parties du massif.
Le plan de protection DFCI de ce massif sera mis à l’étude en 2012.

 
 

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