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Participation de la société Jules Caillé Automobile à la journée des réussites du dialogue social

 

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a accueilli ce vendredi 28 juin la Journée des Réussites du dialogue social, à l’Hôtel du Châtelet à Paris.

L’objectif de cette journée était de mettre en visibilité les acteurs des territoires (entreprises et partenaires sociaux) pour qu’ils partagent leur vision et leur expérience. Cette journée a été l’occasion de présenter le dialogue social dans toute sa diversité et d’échanger autour d’initiatives et de démarches collectives innovantes.

Lors de cet évènement, l’entreprise Jules Caillé Auto (JCA) ainsi que les représentants syndicaux de la société ont présenté l’accord en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail signé en avril 2018. Cet accord est le seul accord ultramarin à avoir été sélectionné sur le plan national aux côtés d’autres accords de grandes entreprises telles que Air France, Dassault, Airbus, Thales ou Crédit Agricole.

Il porte sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, grande cause du quinquennat. Dans le secteur de l’automobile, majoritairement masculin, il est globalement difficile de proposer des mesures garantissant une mixité des métiers.

Pour autant, la négociation conduite a permis de trouver des solutions originales et adaptées, illustrant la dynamique du dialogue social de proximité dans l’entreprise, qui, malgré une situation et un contexte social complexes, a su, au travers de la valorisation de la mixité, de la diversité et du bien-être au travail, trouver des leviers d’efficacité, de modernité et d’innovation.

Les mesures arrêtées au sein de cet accord s’articulent autour de quatre thématiques :

  • la rémunération effective
  • l’embauche et mixité des emplois
  • l’articulation vie professionnelle et vie personnelle
  • la santé et sécurité au travail

A ce jour, aucun écart de rémunération n’est constaté entre les femmes et les hommes au sein de l’entreprise JCA. Depuis plusieurs années, la politique des ressources humaines repose sur des principes d’égalité de traitement. En ce sens, cet accord anticipe en partie les évolutions de la réglementation qui contraint à présent les entreprises à inscrire cette obligation de résultats dans leurs pratiques.

Aussi, afin d’accroitre la proportion de femmes au sein de l’entreprise, la direction de la société et les partenaires sociaux ont convenu de développer des actions de partenariat avec les centres de formation et les écoles pour susciter des vocations notamment sur les métiers dit « masculins ».

Concernant la féminisation des postes, une approche sensible au genre a été retenue afin d’intégrer les différences au niveau des emplois et d’associer une politique de santé et sécurité efficace. Ainsi pour les métiers d’exploitation (mécanicien, magasinier, carrossier, peintre), les difficultés physiques du poste sont étudiées et un éventuel plan d’accompagnement peut être mis en place pour le personnel féminin.

Par ailleurs, le niveau de satisfaction des salariés témoignant de la qualité de vie au travail et de l’adéquation entre vie professionnelle et vie personnelle sera évalué.

Cette mise en lumière de La Réunion au travers de la participation d’une entreprise représentative à cette journée des réussites du dialogue social est l’occasion de souligner l’importance de la négociation collective dans les entreprises locales et les innovations réalisées et portées par le tissu économique du territoire.

Le groupe CAILLE

Fondé il y a plus de 120 ans, le Groupe Caillé est un acteur majeur de l’économie réunionnaise ainsi qu’un des plus grands employeurs du secteur privé français dans l’Océan Indien. Ancré sur ses deux branches d’activité (automobile et grande distribution), il emploie 1 100 collaborateurs et génère près de 475 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les marchés réunionnais et mahorais. Plus ancien concessionnaire Peugeot encore en activité dans le monde et distributeur de la marque DS depuis peu, sa filiale JULES CAILLÉ AUTO compte aujourd’hui 336 collaborateurs, répartis sur 4 établissements dont le siège et 3 concessions automobiles.

Le dialogue social, pour quoi faire ?

Le CESE dans son avis de 2016 (1) , soulignait « le dialogue social contribue au sens du travail et à sa qualité. Il garantit ainsi son utilité économique et sociale pour le bien commun. Le bien-être de salariés respectés, écoutés, reconnus se traduit dans la qualité de vie au travail, la productivité et la compétitivité ».

Le dialogue social, réformé par les ordonnances du 22 septembre 2017, est indéniablement un élément de la performance économique de l’entreprise et il contribue à la qualité de vie au travail et à l’implication de chacun.

(1) LE DÉVELOPPEMENT DE LA CULTURE DU DIALOGUE SOCIAL EN FRANCE Avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) présenté par MM. Luc Bérille et Jean-François Pilliard, rapporteurs au nom de la section du travail et de l’emploi

Un dialogue pragmatique, plus proche des besoins des salariés et des employeurs
  • UNE NÉGOCIATION PLUS SOUPLE ET PLUS ADAPTABLE POUR LE BÉNÉFICE DE TOUS De nouveaux champs de négociation sont ouverts à l’entreprise qui peut négocier à son niveau le temps de travail, la rémunération, la mobilité, la formation, le travail de nuit, et de façon plus générale l’organisation du travail. Cela permet une plus forte mobilisation de l’ensemble des parties prenantes : collaborateurs, représentants du personnel et employeur. Le contexte social est apaisé, avec des salariés plus engagés et plus motivés pour la réussite de l’entreprise.
  • UN DIALOGUE SOCIAL SIMPLIFIÉ Dispersés dans trois instances différentes, les représentants du personnel sont désormais réunis au sein d’un conseil d’entreprise unique. Cela permet à l’employeur d’avoir des interlocuteurs mieux formés et mieux informés et de négocier de façon pragmatique, au plus près des besoins de l’entreprise et des attentes des salariés.
  • LA RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL DONNE LA PRIORITÉ AUX PETITES ENTREPRISES ET AUX ENTREPRISES INNOVANTES Elle favorise la flexibilité en encourageant l’adaptabilité des entreprises. La suppression de contraintes administratives inapplicables, la possibilité de négocier directement avec ses salariés en l’absence de syndicat dans l’entreprise, ou encore la détermination de règles propres aux petites entreprises dans les accords de branche : ce sont des mesures pragmatiques, en phase avec les pratiques actuelles du travail.
  • LA POSSIBILITÉ DE MIEUX S’ADAPTER POUR ANTICIPER UNE ACCÉLÉRATION OU UN RALENTISSEMENT DES COMMANDES La possibilité d’anticiper et de s’adapter rapidement aux évolutions à la hausse ou à la baisse du marché, par des accords majoritaires simplifiés sur le temps de travail, la rémunération ou la mobilité. La négociation au niveau de l’entreprise prime sur les règles de la branche, sauf certaines thématiques fondamentales (égalité professionnelle, minima sociaux, handicap…).
  • LE TÉLÉTRAVAIL ENCOURAGÉ Il concerne de façon informelle jusqu’à 20% des salariés en France, c’est aujourd’hui une véritable aspiration pour deux salariés sur trois.

En résumé, le dialogue social est :

• Un élément de la performance économique de l’entreprise
• Un levier de l’amélioration des conditions de travail et de l’efficacité globale
• Source de développement durable pour l’entreprise et d’agilité

JOURNÉE DES REUSSITES DU DIALOGUE SOCIAL

Valoriser les pratiques innovantes
La Journée des réussites du dialogue social est une recommandation du rapport de Jean-Dominique Simonpoli et Gilles Gateau sur la reconnaissance et la valorisation des compétences des représentants du personnel et des mandataires syndicaux, remis à Muriel Pénicaud, en février 2018.

Cette journée a été l’occasion d’échanger autour d’accords d’entreprises innovants qui seront présentés par ceux qui les ont négociés (managers et représentants syndicaux) pour un véritable partage d’expérience. Elle vise à valoriser les pratiques innovantes et leurs acteurs et veut contribuer à diffuser la culture du dialogue social.

7 thèmes ont été abordés :
‣ emploi-compétences-formation,
‣ performance collective,
‣ qualité de vie au travail,
‣ égalité professionnelle femmes-hommes,
‣ handicap,
‣ dialogue social et parcours des mandatés,
‣ accords européens et mondiaux