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Présentation du dispositif de lutte contre les feux de forêts 2017

 

Consultez le dossier de presse de présentation du dispositif de lutte contre les feux de forêts 2017 à La Réunion



Le risque d’incendies de forêt


Le patrimoine naturel de l’île de La Réunion est exceptionnel avec plus de 105 000 ha classés en cœur de parc national (soit 42% de la superficie de l’île) et 237 espèces végétales endémiques. L’UNESCO a inscrit les « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion », correspondant au cœur du parc national, sur la liste du patrimoine mondial depuis le 1er août 2010, au titre de la biodiversité et des paysages. La conservation de ces milieux et leur protection, notamment contre les incendies de forêt, est donc un enjeu majeur.

Dans « les Bas » les feux de surface touchent également des secteurs urbanisés ou les enjeux sont humains et économiques et les risques peuvent toucher les habitats et les entreprises implantés en pourtour ou en mitage des espaces naturels.

Les incendies majeurs de 2010 et 2011 ont conduit les services de l’État en lien étroit avec l’ensemble des acteurs a mettre en place un dispositif global de lutte et de prévention des feux de forêts.

Pour le département de La Réunion, le risque feux de forêts est plus marqué pendant la période sèche qui court du 1er juillet au 31 décembre. La période la plus sensible au risque d’incendie s’établit du 15 septembre au 15 décembre.

En fonction des conditions climatiques et météorologiques : sécheresse sévère d’hiver ou retard dans la saison des pluies, cette période peut être plus étendue.

Cette année, la situation hydrique des végétaux présente un déficit en eau notamment dans le Nord-Est de l’île et sur les Hauts de l’Ouest ; cette situation impose de redoubler de vigilance à l’approche de la saison chaude.


Estimation des surfaces brûlées :

2010 : environ 951 ha
2011 : environ 3000 ha
2012 : 266 ha pour 326 départs de feu
2013 : 324 ha pour 496 départ de feu
2014 : 245 ha pour 447 départs de feu
2015 : 198 ha pour 262 départs de feu
2016 : 354 ha pour 583 départs de feu
2017 : depuis le 15 juillet 125 interventions (feux de broussailles et feux de cannes à sucre) pour une surface de 100 ha.


Politique préventive et dissuasive

La prévention est au cœur de la stratégie de lutte contre les feux de forêts. La détection précoce permet de gagner un temps précieux afin d’éviter toute extension incontrôlée. Le relief escarpé, la période de sécheresse de juillet à décembre et l’isolement du fait de l’insularité compliquent l’extinction des feux de forêts.

  • Un plan d’action départemental

Le plan départemental de protection de la forêt contre l’incendie (PDPFCI) définit les grandes orientations en matière de prévention et de lutte contre les incendies, les actions à mener et les objectifs à atteindre ; il prend en compte les feux et les aménagements réalisés. Sa déclinaison opérationnelle apparaît dans les 5 plans de massifs (Hauts de l’Ouest, La Montagne, Roche Écrite, Volcan, Étang Salé) qui décrivent les aménagements à réaliser et leur planification. Les travaux réalisés au titre de la DFCI visent à éviter la propagation des feux sur les espaces forestiers et faciliter l’intervention des services de secours. Il s’agit essentiellement de travaux forestiers (débroussaillement et coupures de combustibles en bordure des pistes et à l’interface des habitations et de la forêt), d’accès (pistes dédiées DFCI) et d’aménagements de points d’eau (citernes et retenue collinaires).

  • Une meilleure coordination opérationnelle

Le plan ORSEC* Feu de forêts fait l’objet d’une révision annuelle pour tenir compte des nouvelles conditions opérationnelles (ajout, disparition de matériels ou modification des procédures) et conforter les dispositifs éprouvés avec succès. A chaque fin de saison, un RETEX (retour d’expérience) est conduit par la préfecture afin de déterminer les axes de progrès et les intégrer dans le dispositif de l’année suivante.

La coordination opérationnelle est assurée par l’état-major de zone et de protection civile de l’océan Indien (EMZPCOI), renforcé par une mission d’appui de la Sécurité civile (MASC) composée de 2 militaires des formations militaires de la Sécurité civile (FORMISC), spécialistes de la lutte contre les feux de forêts.

Des réunions de coordination permettent les échanges de données entre les acteurs et évitent les actions redondantes.

Ainsi, chaque jeudi après midi au centre opérationnel de la préfecture, hors activité plus importante nécessitant des réunions plus fréquentes, un bilan global est dressé à partir du suivi effectué quotidiennement. Cette réunion permet notamment d’anticiper pour le week-end le dispositif préventif et de surveillance.



L’analyse journalière des risques


Le socle de la réponse opérationnelle repose sur une analyse journalière des risques établie par massif, amendée en 2015. L’évaluation du risque feu de forêt est réalisée de manière consensuelle au cours d’une réunion quotidienne, complétée par une conférence téléphonique chaque matin (EMZPCOI, SDIS, Météo-France). Le risque est fonction de données météorologiques (vitesse du vent, chaleur, estimation de la vitesse de propagation, état hydrique des végétaux, niveau de sécheresse) croisées avec l’ambiance opérationnelle du moment (pression incendiaire, nombre de départ de feu…).

Cette analyse détermine précisément sur une carte de l’île les zones les plus vulnérables et oriente le déploiement des moyens de surveillance et d’intervention.

Météo France fournit chaque jour des points météo et calcule les « Indices Feux Météo » (IFM) qui servent à réaliser la carte des niveaux de risque sur les 26 zones climatiques, dont 18 sont à enjeu feu de forêt.

L’office national des forêts (ONF) en lien avec la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) et le Parc national assure chaque semaine le suivi de la végétation pour évaluer la teneur en eau. Le taux de déshydratation connu permettra de caler les dispositifs de calcul de l’inflammabilité de la végétation afin d’affiner les prévisions.



Le dispositif de surveillance terrestre et aérien :



L’adaptabilité et la réactivité sont les deux maîtres mots en la matière. A tout moment l’ensemble des acteurs doit être capable de redéployer sur le terrain leurs moyens et de monter en puissance.
La dissuasion, la surveillance et l’alerte pendant la période à risque feux de forêts s’appuient sur une collaboration étroite de tous les services concourant aux missions de prévention, d’information et de surveillance des massifs (les sapeurs pompiers, l’ONF, le Parc national, le conseil départemental et les forces de l’ordre d’État (police et gendarmerie) ou municipales). Enfin les FAZSOI peuvent apporter leur concours lors de niveaux de risques ou de circonstances exceptionnelles comme en 2010 et 2011.

  • Dispositif terrestre

Le SDIS coordonne les patrouilles de l’ensemble des moyens mis en place sur les massifs. Les éco-gardes du Parc national et les équipes de la brigade nature du conseil départemental participent à la sensibilisation des populations aux risques d’incendie afin de développer des bons comportements de prévention et pour la surveillance du massif.

  • Dispositif aérien

De nombreuses zones à risques ne sont pas accessibles aux moyens terrestres. Cependant, elles sont survolées quotidiennement par des aéronefs privés permettant de surveiller par les airs les massifs et, lorsque la météo le permet, de détecter très précocement les incendies ou de lever le doute sans avoir à déplacer longuement les équipes au sol. Un avion de surveillance aérienne est ainsi activé spécifiquement par le SDIS lors des périodes les plus critiques. Le DASH participe également aux missions de surveillance avec le principe du guet aérien armé (GAAR) qui lui permet d’intervenir immédiatement sur un feu naissant qu’il détecterait.

Les moyens aériens s’ils sont d’un appui précieux et déterminant dans la maîtrise initiale du feu ne se suffisent pas seuls : un feu s’éteint « au sol » avec des sapeurs-pompiers et des personnels au contact des lisières.



Le dispositif prévento-curatif :


L’analyse et l’estimation du risque permettent de définir un dispositif prévento–curatif reposant d’une part sur un réseau de surveillance et de dissuasion, et d’autre part sur un maillage du terrain par des moyens terrestres permettant de diminuer le délai d’intervention sur les feux naissants.

Le dispositif prévento-curatif repose sur les moyens humains et matériels départementaux ou nationaux :

  • Groupe d’intervention feu de forêt (GIFF) : élément essentiel de la stratégie de lutte contre les incendies de forêts pour le SDIS. Chaque jour ces groupes constitués de camions « feux de forets » (CCF) sont répartis sur les massifs ;
  • Groupes d’intervention spécifiques du SDIS : héliportés (DIH), équipe « pélicandrome », urbains, alimentation ;
  • Moyens aériens : hélicoptère de gendarmerie (SAG), DASH 8, hélicoptères bombardier d’eau (HBE) loués par le SDIS et avion Horus de surveillance ;
  • Moyens forestiers de l’ONF,du Parc national et du conseil départemental.

Par ailleurs, les unités d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (UIISC) maintiennent au profit de La Réunion, pendant la saison des feux de forêts, un détachement d’intervention mobilisable en une heure et capable de rallier La Réunion avec ses matériels en moins de 36 heures.



Protéger la forêt, c’est l’affaire de tous



En forêt, la vigilance de chacun est primordiale.

L’immense majorité des feux de forêt ont une origine humaine : imprudences et actes malveillants sont les principales causes des départs de feux.

Une extrême prudence, une attitude citoyenne, respectueuse des règles instituées et des précautions à prendre lorsqu’on se trouve en forêt, sont indispensables pour mieux prévenir les risques d’incendie et protéger la forêt.

Quelques conseils utiles à respecter :

  • Ne pas allumer de feu en forêt ni à moins de 200 m de la forêt ;
  • Ne pas fumer en forêt ;
  • Ne pas jeter de mégots par la vitre de la voiture ;
  • Ne pas faire de barbecue en forêt en dehors des espaces aménagés ;
  • Camper uniquement dans les lieux autorisés, sécurisés et protégés ;
  • Rester éloigné d’un feu de forêt ;
  • En cas de départ de feu, prévenir les pompiers en composant le 18 en précisant
  • le lieu et si possible l’importance du sinistre.

Durant la première minute, essayez d’éteindre le feu naissant par jets de terre, de sable ou d’eau…

Souvenez-vous de ce vieil adage :
pour stopper un incendie, il faut un verre d’eau la première seconde,
un seau la première minute et … une tonne d’eau au-delà de 10 minutes.

Chaque minute compte, alors agissez vite.