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Raviver la mémoire collective

 

La transmission intergénérationnelle est l’un des meilleurs vecteurs en matière de culture du risque. Or, la faible occurrence de phénomènes cycloniques d’ampleur ces dernières années, la banalisation d’évènements exceptionnels notamment par les réseaux sociaux et la surexposition aux images sensationnelles fragilisent actuellement la culture du risque.

La société réunionnaise confère à la parole des Gramoun une écoute attentive : le récit et les témoignages des générations passées sont au cœur de la communication du risque cyclonique. En ravivant la mémoire collective, les services de l’Etat engagent un travail mémoriel porteur d’un message essentiel : « préparons-nous au cyclone ».

Projet pédagogique

A partir d’un travail en classe et à la maison, les élèves de primaire collecteront les récits de proches ayant vécu un cyclone. Ces témoignages seront ensuite valorisés sur les réseaux sociaux, le site internet de l’académie de la Réunion et de la préfecture (www.reunion.gouv.fr)

Transmettre aux jeunes générations le récit des évènements passés doit permettre de perpétuer la mémoire collective autour de ce risque naturel majeur qui marque profondément l’identité du territoire.

Témoignages lontan « mémoire d’un cyclone »

Alinette Caron, 80 ans, nous raconte par exemple le traumatisme du cyclone Hyacinthe. Celui-ci a marqué les esprits tant par sa trajectoire que par son bilan pluviométrique.
Aucune commune de la Réunion n’a été épargnée par le déluge qui a duré 12 jours. Le bilan pluviométrique reste à ce jour inégalé avec 6 083 mm enregistrés au cratère Commerson pendant la durée du cyclone.
Le bilan humain du cyclone Hyacinthe fut particulièrement lourd. Le cyclone faucha 25 vies réunionnaises. C’est le pire bilan humain des 50 dernières années et un des pires depuis 1900, derrière le cyclone 48 (165 morts), le cyclone de 1932 (100 morts), le cyclone Jenny (36 morts. Les destructions sur les infrastructures routières, les habitations et dans le secteur agricole furent immenses. Le coût des dégâts estimé en 1980 s’élevait à 676 millions de francs, soit plus de 330 millions d’euros en prenant en compte l’inflation.

Philippe Hibon, 79 ans nous raconte le cyclone Jenny. Cet épisode a principalement touché le Nord-Est de l’Île et notamment la commune de Bras-Panon où 92% des maisons ont été sinistrées. Au total, le cyclone est à l’origine du décès de 31 personnes. Si le cyclone survenait aujourd’hui, les dommages seraient estimés à 83M€.

Retrouvez les témoignages en vidéo ici