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Réunion du Comité sécheresse du 4 avril 2019

 

En application de l’arrêté préfectoral cadre du 2 mai 2014, le Comité sécheresse s’est réuni le 4 avril 2019 afin de faire le bilan de la situation hydrologique et météorologique et procéder à l’analyse des éléments d’anticipation d’une éventuelle crise.

En matière de précipitations et d’état de sécheresse, la situation déficitaire est exceptionnelle pour une fin de saison des pluies, ce qui a conduit à réunir le comité sécheresse de manière anticipée, avec près de 3 mois d’avance par rapport au calendrier habituel. La saison des pluies 2018/2019 est la plus sèche depuis 48 ans, depuis le début de l’acquisition des données régulières par Météo France. Les déficits les plus marqués concernent l’ensemble des hauts et le littoral de l’Est et du Nord-Est. L’Ouest connaît des déficits modérés et le Sud-Ouest est proche de la normale. Le niveau des cours d’eau dans l’Est est particulièrement bas avec des occurrences centennales atteintes pour la plupart des cours d’eau. Les ressources souterraines sont également en baisse dans l’Est.

Les conséquences de cette situation déficitaire sont déjà marquées pour quelques communes, Saint-André, Sainte-Marie et La Possession où des plans de coupure ont été mis en place la nuit, sur certains secteurs de leur territoire, principalement dans les hauts. Ces plans de coupure ont été arrêtés suite aux dernières précipitations. Pour les autres communes, les capacités des infrastructures et les mesures d’exploitation permettent de pallier les difficultés liées à la baisse des ressources. Même si la pluviométrie des prochains mois devait être excédentaire, il est probable qu’elle ne pourrait pas combler les déficits accumulés ces derniers mois. En effet, les mois de janvier à mars sont les mois qui permettent la recharge des hydrosystèmes de l’île jusqu’à la saison des pluies suivantes.

Après analyse de la situation, le comité constate que la situation des ressources superficielles et souterraines est, à ce stade, particulièrement dégradée sur l’Est et le Nord. Les autres micro-régions de l’île, le Sud et l’Ouest, qui bénéficient, d’une situation climatique moins déficitaire, et de réseaux interconnectés avec les infrastructures départementales de l’irrigation du littoral Ouest, du Bras de Cilaos et du Bras de la Plaine, ne présentent pas de difficultés.

A ce stade, bien qu’il y ait des signaux d’alerte, le comité a considéré qu’il n’y avait pas lieu de mettre en œuvre des mesures générales, intercommunales ou départementales, de restriction des usages de l’eau, mais a souhaité appeler à la vigilance l’ensemble des acteurs en charge de la distribution de l’eau et sensibiliser les Réunionnais à cette situation. Toutefois, il est rappelé que chaque collectivité, peut, en fonction de la situation particulière de son territoire, être amenée à prendre des mesures de restriction des usages adaptées à la situation locale, le cas échéant. Pour le moment, seules les communes de Saint-André et la Possession ont pris un arrêté municipal de limitation des usages de l’eau. Il est demandé aux habitants de ces communes de se conformer à ces arrêtés pour permettre à tous de disposer de l’eau pour les usages essentiels et à la police municipale de veiller à leur bonne application.

Il est conseillé, en cette période inter-cyclonique sèche, d’avoir une utilisation la plus économe possible de l’eau, aussi bien pour les particuliers que les collectivités grandes consommatrices.

En matière agricole, la situation de sécheresse va nécessiter la mobilisation des acteurs pour définir et mettre en place les mesures d’accompagnement permettant de limiter les conséquences de cette situation, notamment en matière d’alimentation en eau des élevages, de fourrage. Un groupe de travail va être mis en place par la DAAF pour traiter l’ensemble des questions agricoles.

S’agissant du risque incendie, cette situation déficitaire est propice aux départs de feux, il est nécessaire de rappeler que les pratiques de brûlage de végétaux coupés et d’écobuage sont réglementées par arrêté préfectoral en date du 17 octobre 2018, portant règlement permanent de l’emploi du feu dans le département de La Réunion.

Au regard des perspectives de tarissement des ressources qui peuvent conduire à moyen terme à des difficultés d’approvisionnement pour les services les plus fragiles, notamment ceux qui ne bénéficient pas d’interconnexion, il a été demandé aux autorités organisatrices des services alimentation eau potable (AEP) de préciser les mesures d’anticipation qu’elles comptent mettre en place, pour limiter les effets d’un manque d’eau potentiel. Les services de l’État, notamment la DEAL et l’ARS, sont mobilisés pour accompagner les acteurs en charge des services AEP dans la gestion de cette situation déficitaire exceptionnelle.

L’évolution de la situation sera suivie dans les prochaines semaines et le Comité Sécheresse sera réuni début mai pour un nouveau point de la situation.