Contenu

Saison cyclonique : Bilan 2021 et prévisions 2021-2022

 
Bilan de la saison 2021

L’activité cyclonique a été supérieure à la normale durant la saison cyclonique 2020-2021 et s’est pour l’essentiel concentrée, en termes de répartition spatio-temporelle, sur la partie orientale du bassin et durant les trois mois de l’été austral. Pour autant, la partie occidentale du bassin a été loin d’être exempte d’activité cyclonique, puisque la moitié des systèmes dépressionnaires de la saison ont intéressé, plus ou moins directement, une des terres habitées du bassin. Mais l’absence quasi-totale de cyclone tropical sur la partie centre-ouest du bassin a toutefois limité l’importance des différents impacts ou influences subis par Madagascar ou les îles Mascareignes. Seul le Mozambique a pâti des atterrissages successifs de la tempête tropicale CHALANE et du cyclone ELOISE, tous deux survenus dans la même zone de Beira, capitale de la province de Sofala.

La saison cyclonique 2020-2021 du Sud-Ouest de l’océan Indien a comptabilisé 12 systèmes dépressionnaires significatifs, se répartissant en 5 tempêtes tropicales et 7cyclones (on rappelle que dans le bassin, l’activité moyenne sur une saison est de 9 à 10 tempêtes tropicales – phénomènes baptisés –, dont peu ou prou la moitié devient des cyclones). Sur les 7 cyclones recensés, si deux n’ont atteint ce stade que marginalement et l’espace de quelques heures seulement, deux autres (FARAJI et HABANA) ont par contre atteint le stade de cyclone tropical très intense (stade ultime de la classification du bassin), une double occurrence qui ne s’était pas produite depuis 2015.
9 des 12 systèmes dépressionnaires de la saison se sont développés durant l’été austral, s’enchaînant sans grand répit. Mais la saison cyclonique a failli ensuite s’achever très précocement (dès la mi-mars), si ce n’avait été la survenue, nettement décalée par rapport au restant de l’activité de la saison, de JOBO, passée à la mi-avril.

Si, comme anticipé avant le début de saison, l’activité perturbée s’est focalisée sur l’Est du bassin, tout particulièrement en première partie de saison (contrastant ainsi fortement avec la saison précédente 2019-2020), la partie occidentale du bassin n’est pas restée exempte d’activité cyclonique du fait de trajectoires dominantes en direction de l’ouest ou du sud-ouest, ramenant les phénomènes vers les terres habitées de l’Ouest du bassin. Ce retour en force de trajectoires plus climatologiques durant la première partie de saison, a constitué un vrai changement après deux saisons qui avaient été marquées par l’occurrence majoritaire de trajectoires atypiques orientées en direction du sud-est.
Les 5 météores ayant évolué au stade de tempête tropicale ou de cyclone sur la partie occidentale du bassin ont tous, à des degrés divers, influencé ou affecté les terres habitées. Si Madagascar n’a pas eu trop à souffrir des trois tempêtes tropicales qui l’ont traversé, le Mozambique a, par contre, été nettement plus impacté par les atterrissages de la tempête tropicale CHALANE et surtout du cyclone tropical ELOISE, tous deux survenus dans la même zone centrale du pays, à proximité de la ville de Beira, capitale de la province de Sofala.

Les îles Mascareignes ont été peu ou prou épargnées cette saison, puisque seulement 2 systèmes dépressionnaires (DANILO et IMAN) ont circulé dans les parages de l’archipel, tous deux à des stades d’intensité très modestes, ou même en phase de dégénérescence avancée s’agissant de l’ex-tempête tropicale DANILO, dont les restes sont venus mourir à proximité de La Réunion le 12 janvier.
L’épisode pluvieux induit par le passage au sud de l’île (le 7 mars) de la tempête tropicale IMAN, en cours de reformation après être ressortie de Madagascar sur une trajectoire Sud-Est, a été plus conséquent, bien que de courte durée également. Ce deuxième épisode pluvieux n’a, hélas, constitué que le second et dernier épisode réellement significatif de l’été, à la pluviométrie finalement très déficitaire sur l’ensemble du département. C’est dire que sans la survenue de ces deux phénomènes relativement mineurs, la situation pluviométrique aurait été encore plus préoccupante, voire catastrophique, après une année 2020 déjà marquée par une sécheresse sévère. Un mois d’avril très pluvieux, avec des records de précipitations localement, est, fort heureusement, venu in-extremis atténuer ce bilan jusque-là très déficitaire de la saison chaude, permettant de basculer sur la saison sèche avec des perspectives moins inquiétantes en termes de ressource en eau.

Prévisions pour la saison 2021-2022

La saison cyclonique 2021-2022 devrait être caractérisée par une activité proche, voire supérieure à la normale à l’échelle du bassin cyclonique du Sud-Ouest de l’océan Indien.

Météo-France estime que sur l’ensemble de la saison cyclonique 2021-2022 :
- la probabilité de connaître une activité proche de la normale est de 50% ;
- la probabilité que l’activité cyclonique soit supérieure à la normale est de 20% ;
- la probabilité que l’activité soit inférieure à la normale est de 30%.
Avec une probabilité de 70%, on s’attend à avoir entre 8 et 12 phénomènes cycloniques (tempêtes et cyclones) sur le Sud-Ouest de l’océan Indien (normale à 10), dont 4 à 6 pourraient devenir des cyclones tropicaux (normale à 5).
Si cette année encore les zones de genèses seront privilégiées sur la moitié Est du bassin, on s’attend également à ce que les trajectoires cycloniques soient à nouveau majoritairement orientées vers l’Ouest ou le Sud-Ouest, pouvant ainsi amener les phénomènes cycloniques à menacer les terres habitées de la partie Ouest du bassin, en particulier la côte Est de Madagascar, les îles Mascareignes, voire la côte du Mozambique.
On rappelle toutefois que ces prévisions à l’échelle du bassin ne présagent en rien de ce qui peut se passer en un point ou territoire donné, comme sur une île telle que Maurice ou La Réunion. Quelle que soit la prévision saisonnière, le message délivré reste toujours le même : il faut toujours se tenir prêt et se préparer pour être en capacité de faire face à toute éventualité.

 
 

Documents associés :