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Suivi des prix à La Réunion

 

Depuis le début de la crise COVID, différents dispositifs de contrôle ont été mis en place par le préfet de La Réunion pour suivre l’évolution des prix à la consommation ainsi que les engagements pris par les différents acteurs.

 

Effectués conjointement par le pôle concurrence de la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIECCTE) et la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF), ces contrôles portent à la fois sur les prix :

• du bouclier qualité-prix (BQP) ;
• d’une liste complémentaire de 52 produits de 1ère nécessité commercialisés dans 85 points de vente sur le territoire ;
• des principaux fruits et légumes frais locaux.

Par ailleurs, ces contrôles permettent de vérifier le respect des engagements des professionnels de la grande distribution en matière de blocage des prix sur les produits de grande consommation. Les prix pratiqués sont ainsi comparés avant et après le début de l’épidémie sur ces différentes listes de produits.

Stabilité des prix sur le BQP

Concernant le BQP, dont le prix maximum a été fixé en 2019 par la Préfecture à 253 euros pour une liste de 109 produits, le prix moyen effectivement constaté dans les 55 grandes surfaces par les services de l’Etat est demeuré stable. Il est en effet passé de 245,24 euros en 2019 à 244,25 euros en 2020.

Prix en baisse sur le panier complémentaire de 52 produits de première nécessité.
Concernant le panier complémentaire de 52 produits de première nécessité, une légère baisse des prix a pu être constatée depuis fin février 2020 à La Réunion (voir le tableau 1 pour le détail des prix de ces 52 produits).

Le prix du panier de ces 52 produits est en effet passé de 167,31 euros au 24 février 2020, à 164,52 euros au 6 avril et à 161,19 euros pour la semaine du 13 au 18 avril.

Le prix de ce panier a donc baissé de 3,5% depuis le début de la crise.

Il convient néanmoins de signaler que trois légumes (oignon, ail et pomme de terre) évoluent fortement à la hausse en raison principalement de la tension qui règne actuellement sur les marchés d’importation de ces produits, ces légumes étant peu ou pas suffisamment produits localement.

Des prix au détail cohérents avec les prix du marché de gros de Saint-Pierre

Au niveau du marché de gros de Saint-Pierre qui constitue la plateforme d’approvisionnement de nombreux marchands au détail des fruits et légumes, les services de l’Etat ont relevé des prix majoritairement à la baisse ou stables depuis le début de l’épidémie (voir tableau 2 sur les prix aux producteurs sur le marché de gros de Saint-Pierre).Les variations observées s’expliquent essentiellement par la saisonnalité des fruits et légumes.

Les relevés de prix effectués sur les marchés et micro-marchés de détail qui se développent actuellement sont cohérents avec ceux du marché de gros (voir le tableau 3 sur les prix au détail relevés sur les micro-marchés).

Des ruptures en magasin qui peuvent orienter les consommateurs vers des produits plus chers

On observe cependant des facteurs qui peuvent avoir un effet inflationniste sur le prix global du « caddie » du consommateur. Ainsi, un nombre important de ruptures de certains produits en magasin sont observées. Ces ruptures s’expliquent à la fois par les difficultés de ré-approvisionnement des rayons en journée et par des comportements parfois irrationnels de certains consommateurs qui se précipitent sur certains produits par « peur de manquer ».

La conséquence de ces ruptures est le transfert de consommation vers des produits similaires (mais vendus sous une autre marque et dans des conditionnements différents) pouvant renchérir le prix effectivement payé par le consommateur et expliquer au moins en partie le sentiment de hausse des prix ressenti par une bonne partie de la population.


Tous ces dispositifs de contrôle vont se poursuivre chaque semaine tout au long de la période de crise.