Culture et patrimoine

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Camp de travailleurs du XIXe siècle

 

Une équipe d’archéologues de l’Inrap mène actuellement une fouille au Puits des Anglais, à Saint-Philippe. La fouille, prescrite par l’État couvre 6 500 m2 et précède un aménagement du site par la Société Publique Locale Maraina pour le compte de la commune de Saint-Philippe.

 
Visites guidées du chantier ouvertes au public

Des visites du chantier archéologique sont organisées à destination du grand public, le vendredi 30 octobre de 9h à 12h et de 13h à 16h.
Ces visites seront animées par Madame Annie Bolle, responsable des recherches archéologiques à l’Inrap. En raison du contexte sanitaire, elles se feront uniquement sur réservation auprès de la Ville de Saint-Philippe :

Tel : 02 62 37 00 12
Port du masque obligatoire
Groupes de 6 personnes maximum

Saint-Philippe, au cœur du sud sauvage de La Réunion

Situé sur le flanc du piton de La Fournaise, ce territoire est fréquenté dès le début du XVIIIe siècle. En l’absence de routes, il est alors difficile d’accès. C’est donc par la mer, malgré des conditions extrêmes, que s’effectuent les liaisons et le développement du sud sauvage.
Cette zone a connu des débuts de colonisation à la fin du XVIIIe siècle. Les pluies y sont abondantes et s’infiltrent rapidement, creusant des puits, dont le puits des Anglais, ce qui permettra de pallier l’absence d’eau douce. La commune de Saint-Philippe est créée vers 1830.

Le domaine du Baril

L’emprise de la fouille est limitée à l’ouest par la ravine Bétail qui borde de quelques mètres en amont l’usine du Baril, aujourd’hui en ruine. Cette usine à sucre, construite en 1861, est équipée de moteurs à vapeur. Les plantations de cannes s’installent tardivement dans une zone consacrée jusque-là au café et surtout au girofle. Après la chute du cours du sucre, l’usine cesse son activité sucrière. Elle compte alors 430 engagés et affranchis. L’usine est transformée en féculerie à manioc et une nouvelle cheminée est construite en 1919.

Le camp des engagés

Les structures observées (trous de poteau et de piquets) appartiennent à des constructions légères, de type cases et peut-être également à des palissades. Des constructions sont attestées sur ce terrain sur deux plans datés de 1874 et par un cliché datant des années 1920. Des cases disposées en rangées y sont indiquées comme un camp malgache. Quelques foyers semblent marquer l’emplacement de cuisines. Une activité de forge est également reconnue.
Le mobilier mis au jour (verre, céramique, éléments métalliques) est réduit, reflétant des conditions de vie sommaires. Le mobilier date du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Il comprend également des éléments résiduels du XVIIIe siècle. Peu de travaux ont porté sur les camps de travailleurs engagés. C’est essentiellement au travers des archives que les logements d’engagés établis à proximité de l’usine sucrière sont connus. Les fouilles permettront de documenter les activités réalisées dans le camp des travailleurs et en particulier la présence de forgerons.